L’évaluation de la santé des travailleurs : plus qu’une formalité, une nécessité absolue (suite)

10 décembre 2009 par Frans

Quels sont les types d’évaluation de santé ?

 

1) L’évaluation de santé préalable à l’engagement d’un travailleur :

Cette évaluation avec la décision d’aptitude doit avoir lieu avant l’affectation effective. L’évaluation de santé et la notification de la décision peuvent avoir lieu pendant la clause d’essai mais ne peuvent pas dépasser le premier mois après l’engagement. Elles peuvent aussi avoir lieu avant la conclusion du contrat pour autant que celui-ci aboutisse si le candidat est déclaré apte.

 

L’employeur doit informer le travailleur du contenu de la surveillance de santé. Les travailleurs ne peuvent être mis ou maintenus au travail s’ils refusent de se soumettre aux examens ou vaccinations obligatoires. La conséquence du refus pourrait aboutir à la rupture du contrat de travail pour force majeure.

 

2) L’évaluation de santé périodique :

Tous les travailleurs soumis à la surveillance médicale (dont les activités sont liée aux denrées alimentaires, aux postes de vigilance, aux postes de sécurité) y compris ceux exerçant une activité à risque défini comme l’exposition à une contrainte à caractère ergonomique (travailleurs sur écran de visualisation), subissent toutes les prestations incluses dans l’évaluation de santé périodique. Ces évaluations sont effectuées à intervalles différents suivant les risques identifiés (6 mois, 1 an, 3 ans ou 5 ans suivant les cas).

 

Les « activité à risque défini » sont celles dont l’analyse des risques a fait ressortir un risque identifiable causé par :

  • des agents physiques (le bruit), des agents chimiques (les solvants) ou des agents biologiques (les microorganismes) ;
  • l’exposition à une contrainte de nature ergonomique (travail sur écran de visualisation, manutention de charges), soit à une contrainte liée à la pénibilité du travail, soit encore à un travail monotone et cadencé ;
  • la charge psychosociale (par exemple, le stress).

 

Les « postes de vigilance » sont des postes de travail qui consistent à contrôler en permanence le fonctionnement d’une installation, où un manque de vigilance pourrait menacer la sécurité et la santé d’autres travailleurs. Exemple : une installation technique complexe pilotée par ordinateur.

 

Les « Postes de sécurité » : englobent tout travail impliquant :

  • l’utilisation d’équipements de travail;
  • la conduite de véhicules à moteur, de grues, de ponts roulants, d’engins de levage quelconques, ou de machines qui mettent en action des installations ou des appareils dangereux ;
  • le port d’armes.

 

Rappelons que les travailleurs ne peuvent pas se rendre à l’évaluation en vêtements de travail afin d’éviter les risques liés à certains agents chimiques ou biologiques par exemple.

 

3) La consultation spontanée :

Le travailleur peut demander une consultation de sa propre initiative auprès du conseiller en prévention-médecin du travail s’il estime que des risques nouveaux apparaissent. Afin que cela ne soit pas anarchique, il est préférable que le travailleur avertisse sa hiérarchie.

 

4) La surveillance de santé prolongée :

C’est un nouveau type d’évaluation dont le but est de permettre aux travailleurs, après qu’ils ont été exposés à des agents chimiques, physiques ou biologiques, de bénéficier d’une surveillance de leur santé, qu’ils soient toujours dans l’entreprise ou qu’ils l’aient quittée. L’employeur est responsable de la mise en place de cette surveillance mais le médecin-inspecteur du travail peut décider d’imposer cette surveillance.

 

5) La visite de pré-reprise du travail :

 Le but de cette visite est que le conseiller en prévention-médecin du travail puisse proposer à l’employeur, avant la reprise du travail effective, des aménagements du poste de travail, dans la mesure des possibilités, pour un travailleur soumis ou non à la surveillance de santé se trouvant en situation d’incapacité de travail depuis au moins 4 semaines, de manière à réduire les contraintes liées à ce poste. Dès le jour de la reprise du travail, le travailleur pourra se réintégrer plus facilement à un poste déjà adapté.

 

L’employeur est obligé d’informer tous les travailleurs soumis ou non à la surveillance de santé de leur droit à bénéficier de cette visite.

 

6) La visite de reprise du travail :

Celle-ci est effectuée avant toute reprise du travail d’un travailleur en incapacité de travail de plus de 4 semaines.

 

 

Comment sont communiquées les décisions du conseiller en prévention-médecin du travail après l’évaluation de la santé ?

 

Le formulaire d’évaluation de la santé doit être complété en 3 exemplaires dont un est destiné au dossier de santé du travailleur, un est remis au travailleur et le dernier à l’employeur. L’employeur doit conserver ces évaluations 5 ans minimum sauf exceptions comme les travailleurs exposés à l’amiante et dont l’employeur archive les évaluations pendant 40 ans.

 

Dans la prochaine parution, nous développerons « Dans la pratique ? »…

GRIPPE A /H1N1 – Recommandations du SPF du 19/08/09

26 novembre 2009 par Frans

GRIPPE A / H1NI ou grippe Mexicaine 

Gros titre de l’actualité sur tous les médias depuis quelques mois. Chaque jour de nouvelles publications, chaque semaine son nouveau lot de cas… La grippe mexicaine a donc passé notre porte et la saison froide aussi ! Deux raisons pour prendre les choses au sérieux. Nous sommes en phase 6 de la pandémie. Concrètement qu’est ce que cela signifie ? On entend tout et n’importe quoi. Question : que devons nous faire dans notre entreprise ? Fin août SPF emploi travail et concertation sociale a sorti une note (téléchargeable sur http://emploi.belgique.be) nous informant des décisions prises par la structure d’étude mise en place sous la direction du Commissariat interministériel Influenza. A la lecture de cette note, il est évident que le risque se situe plus sur l’ampleur de l’absentéisme prévisible que sur la gravité que peu entraîner les complications de la grippe. Ce grand taux d’absentéisme prévisible pourrait avoir impact socio-économique important. L’objectif préconisé par le SPF étant de maintenir dans chaque entreprise un niveau aussi élevé que possible d’activité. Avant d’aborder en synthèse la note du ministère, j’aimerai faire un rappel sur nos obligations dans le cadre de la surveillance de la santé des travailleurs. L’AR du 28 mai 2003, indique l’obligation pour l’employeur d’organiser la surveillance de la santé pour les travailleurs exposés à des risques de maladie professionnelle sur base de l’analyse de risques (ne pas oublier les travailleurs conduisant des engins ou occupant un poste de vigilance : vous avez l’obligation de vérifier leur aptitude). Pour rappel, il est interdit aux employeurs de mettre un travail ou de maintenir au travail des travailleurs qui se soustraient aux examens médicaux.

 

Vaccination ou pas ?

Les seules vaccinations obligatoires sont celles liées aux risques inhérent à l’activité professionnelle (exemple : le tétanos pour les travailleurs en contact avec les métaux, l’hépatite A pour ceux exposés aux agents biologiques, …). Aucune obligation concernant la grippe puisque ce risque n’est pas lié à l’activité professionnelle (sauf dans certains secteurs spécifiques). Mais la faculté d’y recourir doit être « offerte » aux travailleurs. Il est donc conseillé de faire une campagne d’information afin de sensibiliser les personnes à risques de l’intérêt pour elle, leur entourage et directement pour l’entreprise de se faire vacciner.

 

L’absentéisme

Certaines entreprises proposent et organisent une vaccination annuelle pour les volontaires. Leur objectif étant, entre autres, de limiter le surcoût lié à l’absentéisme. Accessoirement les risques pour les personnes des groupes dits « à risques » ne sont pas nuls. Il suffit pour s’en convaincre de penser à l’augmentation de la mortalité des personnes âgées, des malades, … en saison hivernale.

 

La meilleure prévention : une bonne hygiène

Instructions à transmettre aux travailleurs : éviter tout contact avec les personnes malades, se couvrir la bouche et le nez avec un mouchoir en papier lorsque l’on tousse ou éternue (mouchoir à usage unique à jeter à la poubelle), se laver les mains régulièrement à l’eau et au savon ou nettoyant à base d’alcool, éviter de se toucher le nez, la bouche, les yeux, en cas de maladie, éviter de contaminer l’entourage (rester à domicile, éviter école, magasin, …). Il est vivement recommandé de supprimer toutes les marques « d’affections » au travail (embrassades) voir même d’éviter de se donner la main. Prévoir information et affichage pour prévenir tous les travailleurs

 

Mesures à prendre en entreprise

Il s’agit bien ici d’une recommandation à gérer la pandémie de grippe au sein même de l’entreprise de façon autonome. Planifier la continuité des affaires : identifier les lignes critiques (ressources humaines), limiter les conséquences socio-économiques, maintenir l’activité au niveau le plus élevé tout en protégeant les personnes exposées, permettre aux opérations et fonctions essentielles d’être maintenues. Pour vous aider dans ce plan d’action le SPF met à votre disposition le « Business Continuity Planning » (voir modèle téléchargeable sur le site du SPF en pdf).

 

Conseillers en Prévention… Prévoyez !

Il est primordial de maintenir l’activité certes, mais pas en dépit de la sécurité. La tentation sera forte, pour maintenir certains postes clés, d’y mettre les plus vaillants… Attention aux risques de retrouver à la conduite d’engin ou à des postes de sécurité des personnes non reconnues apte médicalement au poste de sécurité ou non formées. Le risque sera accentué par la pression sur la productivité afin de pallier aux retards. Si vous ne maîtrisez pas, dès à présent, votre matrice de compétence vous risquez d’être dépassé par les événements. Vous pourriez être, vous-même touchés ! Dans ce  « Business Continuity Planning », il est donc indispensable que le conseiller en prévention participe et que des scénarii soient envisagés afin d’avoir les bonnes personnes aux bons postes. Des personnes aptes dans tous les sens du terme à les occuper sans augmenter l’accidentologie.

 

Note du SPF

Pour terminer, je vous suggère fortement de lire attentivement la note du SPF, car elle est complète et traite toute une série de questions qui risque de se présenter… « Tous ne mourraient pas, mais tous étaient frappés ».